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Clair de Lune de Guy de Maupassant…

Posted by Eddy on 2 juin 2015 in Auteur sur kindle |

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Dans ce livre vous trouverez 12 histoires différentes de Guy de Maupassant, la première Clair de lune, vous pouvez dès maintenant télécharger votre PDF.

Clair de Lune de Guy de Maupassant

Clair de Lune de Guy de Maupassant

Clair de Lune :

Les quatre saisons correspondaient parfaitement à tous les besoins de l’agriculture ; et jamais le soupçon n’aurait pu venir au prêtre que la nature n’a point d’intentions et que tout ce qui vit s’est plié, au contraire, aux dures nécessités des époques, des climats et de la matière.

Mais il haïssait la femme, il la haïssait inconsciemment, et la méprisait par instinct.

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Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Il répétait souvent la parole du Christ :

«Femme, qu’y a-t-il de commun entre vous et moi ?» et il ajoutait :

«On disait que Dieu lui-même se sentait mécontent de cette œuvre-là.»

La femme était bien pour lui l’enfant douze fois impure dont parle le poète.

Elle était le tentateur qui avait entraîné le premier homme et qui continuait toujours son œuvre de damnation, l’être faible, dangereux, mystérieusement troublant.

Et plus encore que leur corps de perdition, il haïssait leur âme aimante.

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Souvent il avait senti leur tendresse attachée à lui et, bien qu’il se sût inattaquable, il s’exaspérait de ce besoin d’aimer qui frémissait toujours en elles.

Et il se dit : «Dieu peut-être a fait ces nuits-là pour voiler d’idéal les amours des hommes.»

Et il reculait devant le couple embrassé qui marchait toujours.

UN COUP D’ÉTAT

Des bonnetiers étaient colonels faisant fonctions de généraux ; des revolvers et des poignards s’étalaient autour de gros ventres pacifiques enveloppés de ceintures rouges ; des petits bourgeois devenus guerriers d’occasion commandaient des bataillons de volontaires braillards et juraient comme des charretiers pour se donner de la prestance.

Le seul fait de tenir des armes, de manier des fusils à systèmes affolait ces gens qui n’avaient jusqu’ici manié que des balances, et les rendait, sans aucune raison, redoutables au premier venu.

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On exécutait des innocents pour prouver qu’on savait tuer ; on fusillait, en rôdant par les campagnes vierges encore de Prussiens, les chiens errants, les vaches ruminant en paix, les chevaux malades pâturant dans les herbages.

Chacun se croyait appeler à jouer un grand rôle militaire.

Les trois hommes arrivèrent ensemble, en vêtements de travail.

Le commandant, qui s’attendait à les voir en tenue, eut un sursaut.

– Vous ne savez donc rien, sacre bleu ?

L’empereur est prisonnier, la République est proclamée.

Il faut agir.

Ma position est délicate, je dirai plus, périlleuse.

Il réfléchit quelques secondes devant les visages ahuris de ses subordonnés, puis reprit :

– Il faut agir et ne pas hésiter ; les minutes valent des heures dans des instants pareils.

Tout dépend de la promptitude des décisions.

Vous, Picart, allez trouver le curé et sommez-le de sonner le tocsin pour réunir la population que je vais prévenir.

Vous, Torchebeuf, battez le rappel dans toute la commune jusqu’aux hameaux de la Gerisaie et de Salmare pour rassembler la milice en armes sur la place.

Vous, Pommel, revêtez promptement votre uniforme, rien que la tunique et le képi.

Nous allons occuper ensemble la mairie et sommer M. de Varnetot de me remettre ses pouvoirs.

C’est compris ?

Le Loup

Mon trisaïeul naquit pendant que son père suivait un renard, et Jean d’Arville n’interrompit point sa course, mais il jura :

«Nom d’un nom, ce gredin-là aurait bien pu attendre après l’hallali !»

Son frère François se montrait encore plus emporté que lui.

Dès son lever, il allait voir les chiens, puis les chevaux, puis il tirait des oiseaux autour du château jusqu’au moment de partir pour forcer quelque grosse bête.

On les appelait dans le pays M. le Marquis et M. le Cadet, les nobles d’alors ne faisant point, comme la noblesse d’occasion de notre temps, qui veut établir dans les titres une hiérarchie descendante ; car le fils d’un marquis n’est pas plus comte, ni le fils d’un vicomte baron, que le fils d’un général n’est colonel de naissance.

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Mais la vanité mesquine du jour trouve profit à cet arrangement.

Je reviens à mes ancêtres.

Et bientôt une rumeur circula.

On parlait d’un loup colossal, au pelage gris, presque blanc, qui avait mangé deux enfants, dévoré le bras d’une femme, étranglé tous les chiens de garde du pays et qui pénétrait sans peur dans les enclos pour venir flairer sous les portes.

Tous les habitants affirmaient avoir senti son souffle qui faisait vaciller la flamme des lumières.

Et bientôt une panique courut par toute la province.

Personne n’osait plus sortir dès que tombait le soir.

Les ténèbres semblaient hantées par l’image de cette bête……

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L’ENFANT

On le disait sensuel et viveur.

C’est donc par la seule grâce de la forme qu’il fut capté d’abord : puis il fut retenu par le charme d’un doux esprit de jeune fille, simple et bon, frais comme les joues et les lèvres.

Présenté à la famille, il plut et il devint bientôt fou d’amour.

Quand il apercevait Berthe Lannis de loin, sur la longue plage de sable jaune, il frémissait jusqu’aux cheveux.

Près d’elle, il devenait muet, incapable de rien dire et même de penser, avec une espèce de bouillonnement dans le cœur, de bourdonnement dans l’oreille, d’effarement dans l’esprit.

Était-ce donc de l’amour, cela ?

Voici ce qu’elle disait :

«Monsieur,

«Une fille Ravet, votre ancienne maîtresse, paraît-il, vient d’accoucher d’un enfant qu’elle prétend être à vous.

La mère va mourir et implore votre visite.

Je prends la liberté de vous écrire et de vous demander si vous pouvez accorder ce dernier entretien à cette femme, qui semble être très malheureuse et digne de pitié.

Votre serviteur,

«Dr BONNARD.»

CONTE DE NOËL

J’ai vu un miracle !

Oui, Mesdames, un miracle, la nuit de Noël.

Cela vous étonne de m’entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien.

Et pourtant, j’ai vu un miracle !

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu.

En ai-je été fort surpris ?

Non pas ; car si je ne crois point à vos croyances, je crois à la foi, et je sais qu’elle transporte les montagnes.

– Allons, mange-le, et fais pas la bête.

Elle ouvrit l’œuf.

Il était comme tous les œufs, et bien frais.

Elle se mit à le manger en hésitant, le goûtant, le laissant, le reprenant.

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Le mari disait :

– Eh bien ! qué goût qu’il a, c’t’œuf ?

Elle ne répondait pas, et elle acheva de l’avaler ; puis, soudain elle planta sur son homme des yeux fixes, hagards, affolés ; leva les bras, les tordit et, convulsée de la tête aux pieds, roula par terre en poussant des cris horribles.

Toute la nuit elle se débattit en des spasmes épouvantables, secouée de tremblements effrayants, déformée par de hideuses convulsions.

Le forgeron, impuissant à la tenir, fut obligé de la lier.

Et elle hurlait sans repos, d’une voix infatigable :

– J’l’ai dans l’corps !

J’l’ai dans l’corps !

Je fus appelé le lendemain.

J’ordonnai tous les calmants connus sans obtenir le moindre résultat.

Elle était folle.

Alors, avec une incroyable rapidité, malgré l’obstacle des hautes neiges, la nouvelle, une nouvelle étrange, courut de ferme en ferme :

«La femme au forgeron qu’est possédée !»

Et on venait de partout, sans oser pénétrer dans la maison ; on écoutait de loin ses cris affreux poussés d’une voix si forte qu’on ne les aurait pas crus d’une créature humaine.

Le curé du village fut prévenu.

C’était un vieux prêtre naïf………………

LA REINE HORTENSE

On l’appelait, dans Argenteuil, la reine Hortense.

Personne ne sut jamais pourquoi.

Peut-être parce qu’elle parlait ferme comme un officier qui commande ?

Peut-être parce qu’elle était grande, osseuse, impérieuse ?

Peut-être parce qu’elle gouvernait un peuple de bêtes domestiques, poules, chiens, chats, serins et perruches, de ces bêtes chères aux vieilles filles ?

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

Mais elle n’avait pour ces animaux familiers ni gâteries, ni mots mignards, ni ces puériles tendresses qui semblent couler des lèvres des femmes sur le poil velouté du chat qui ronronne.

Elle gouvernait ses bêtes avec autorité ; elle régnait.

Elle disait :

«Chacun sa part» avec une conviction de fataliste.

Elle n’allait pas à l’église, n’aimait pas les prêtres, ne croyait guère à Dieu, appelant toutes les choses religieuses de la «marchandise à pleureurs».

LE PARDON

Les Savignol marièrent leur fille Berthe à dix-huit ans.

Elle épousa un jeune homme de Paris, Georges Baron, qui faisait des affaires à la Bourse.

Il était beau garçon, parlait bien, avec tous les dehors probes qu’il fallait ; mais au fond du cœur, il se moquait un peu de ses beaux-parents attardés, qu’il appelait entre amis :

«Mes chers fossiles».

Il appartenait à une bonne famille ; et la jeune fille était riche.

Il l’emmena vivre à Paris.

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Elle devint une de ces provinciales de Paris dont la race est nombreuse.

Elle demeura ignorante de la grande ville, de son monde élégant, de ses plaisirs, de ses costumes, comme elle était demeurée ignorante de la vie, de ses perfidies et de ses mystères.

Mais un matin elle reçut une lettre anonyme.

Elle demeura éperdue, ayant le cœur trop droit pour comprendre l’infamie des dénonciations, pour mépriser cette lettre dont l’auteur se disait inspiré par l’intérêt de son bonheur, et la haine du mal, et l’amour de la vérité.

On lui révélait que son mari avait, depuis deux ans, une maîtresse, une jeune veuve, Mme Rosset, chez qui il passait toutes ses soirées.

Elle ne sut ni feindre, ni dissimuler, ni épier, ni ruser.

Quand il revint pour déjeuner elle lui jeta cette lettre, en sanglotant, et s’enfuit dans sa chambre…………………

LA LÉGENDE DU MONT SAINT-MICHEL

Un sceptique de génie a dit :

«Dieu a fait l’homme à son image, mais l’homme le lui a bien rendu.»

Ce mot est d’une éternelle vérité et il serait fort curieux de faire dans chaque continent l’histoire de la divinité locale, ainsi que l’histoire des saints patrons dans chacune de nos provinces.

Le nègre a des idoles féroces, mangeuses d’hommes ; le mahométan polygame peuple son paradis de femmes ; les Grecs, en gens pratiques, avaient divinisé toutes les passions.

Chaque village de France est placé sous l’invocation d’un saint protecteur, modifié à l’image des habitants.

Clair de Lune de Guy de Maupassant.

UNE VEUVE

«Oh ! Comme il (ou elle) a dû souffrir pour en arriver là».

Rien de plus.

Elles s’apitoyaient sur les drames du cœur et ne s’en indignaient jamais, même quand ils étaient criminels.

«Or, un automne, un jeune homme, M. de Gradelle, invité pour la chasse, enleva la jeune fille.

«M. de Santèze resta calme, comme s’il ne s’était rien passé ; mais, un matin, on le trouva pendu dans le chenil, au milieu des chiens.

«Moi aussi, moi aussi, je sais aimer mieux qu’eux tous !»

«Alors il me fit la cour, une cour timide et profondément tendre dont on riait, tant c’était drôle.

Chaque matin, j’avais des fleurs cueillies par lui, et, chaque soir, avant de remonter dans sa chambre, il me baisait la main en murmurant :

«Je t’aime !»

Quand il revint, l’été suivant, j’avais un fiancé.

Il comprit tout de suite et garda pendant huit jours un air si réfléchi que je demeurais très inquiète.

«Le neuvième jour, au matin, j’aperçus, en me levant, un petit papier glissé sous ma porte.

Je le saisis, je l’ouvris, je lus.

«Tu m’as abandonné ; et tu sais ce que je t’ai dit.

C’est ma mort que tu as ordonnée.

Comme je ne veux pas être trouvé par un autre que par toi, viens dans le parc, juste à la place où je t’ai dit, l’an dernier, que je t’aimais, et regarde en l’air.»

«Je me sentais devenir folle.

Je m’habillai vite et vite, et je courus, je courus à tomber épuisée, jusqu’à l’endroit désigné.

Sa petite casquette de pension était par terre, dans la boue.

MADEMOISELLE COCOTTE

Quand elle était rentrée, le soir, en son écurie, la foule des chiens faisait le siège de la propriété.

Ils se faufilaient par toutes les issues de la haie vive qui clôturait le parc, dévastaient les plates-bandes, arrachaient les fleurs, creusaient des trous dans les corbeilles, exaspérant le jardinier.

Et ils hurlaient des nuits entières autour du bâtiment où logeait leur amie, sans que rien ne les décidât à s’en aller.

Dans le jour, ils pénétraient jusque dans la maison.

C’était une invasion, une plaie, un désastre.

Cependant François adorait Cocotte.

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Il l’avait nommée Cocotte, sans malice, bien qu’elle méritât son nom ; et il répétait sans cesse :

«Cette bête-là, c’est une personne.

Il ne lui manque que la parole.»

«Si vous ne me flanquez pas cette bête à l’eau avant demain matin, je vous fiche à la porte, entendez-vous ?»

L’homme fut atterré, et il remonta dans sa chambre pour faire sa malle, préférant quitter sa place.

Puis il réfléchit qu’il ne pourrait entrer nulle part tant qu’il traînerait derrière lui cette bête incommode ; il songea qu’il était dans une bonne maison, bien payé, bien nourri ; il se dit que vraiment un chien ne valait pas ça ; il s’excita au nom de ses propres intérêts ; et il finit par prendre résolument le parti de se débarrasser de Cocotte au point du jour.

LES BIJOUX

Quelquefois, le soir, quand ils demeuraient en tête-à-tête au coin du feu, elle apportait sur la table où ils prenaient le thé la boîte de maroquin où elle enfermait la «pacotille», selon le mot de M. Lantin ; et elle se mettait à examiner ces bijoux imités avec une attention passionnée, comme si elle eût savouré quelque jouissance secrète et profonde ; et elle s’obstinait à passer un collier au cou de son mari pour rire ensuite de tout son cœur en s’écriant :

«Comme tu es drôle !»

Puis elle se jetait dans ses bras et l’embrassait éperdument.

Comme elle avait été à l’Opéra, une nuit d’hiver, elle rentra toute frissonnante de froid.

Le lendemain elle toussait.

Huit jours plus tard elle mourait d’une fluxion de poitrine.

Lantin faillit la suivre dans la tombe.

Son désespoir fut si terrible que ses cheveux devinrent blancs en un mois.

Il s’efforçait de raisonner, de comprendre.

Sa femme n’avait pu acheter un objet d’une pareille valeur.

– Non, certes.

– Mais alors, c’était un cadeau !

Un cadeau de qui ?

Pourquoi ?

APPARITION

«Un jour, comme je me promenais sur le quai, je rencontrai un homme que je crus reconnaître sans me rappeler au juste qui c’était.

Je fis, par instinct, un mouvement pour m’arrêter.

L’étranger aperçut ce geste, me regarda et tomba dans mes bras.

«C’était un ami de jeunesse que j’avais beaucoup aimé.

Depuis cinq ans que je ne l’avais vu, il semblait vieilli d’un demi-siècle.

Ses cheveux étaient tout blancs ; et il marchait courbé, comme épuisé.

Il comprit ma surprise et me conta sa vie.

Un malheur terrible l’avait brisé.

Je franchis ensuite un grand vestibule, je montai l’escalier et je reconnus la porte indiquée par mon ami.

«Je l’ouvris sans peine et j’entrai.

«L’appartement était tellement sombre que je n’y distinguai rien d’abord.

Je m’arrêtai, saisi par cette odeur moisie et fade des pièces inhabitées et condamnées, des chambres mortes.

Puis, peu à peu, mes yeux s’habituèrent à l’obscurité, et je vis assez nettement une grande pièce en désordre, avec un lit sans draps, mais gardant ses matelas et ses oreillers, dont l’un portait l’empreinte profonde d’un coude ou d’une tête comme si on venait de se poser dessus.

Alors, pendant une heure, je me demandai anxieusement si je n’avais pas été le jouet d’une hallucination.

Certes, j’avais eu un de ces incompréhensibles ébranlements nerveux, un de ces affolements du cerveau qui enfantent les miracles, à qui le Surnaturel doit sa puissance.

«Et j’allais croire à une vision, à une erreur de mes sens, quand je m’approchai de ma fenêtre.

Mes yeux, par hasard, descendirent sur ma poitrine.

Mon dolman était plein de cheveux, de longs cheveux de femme qui s’étaient enroulés aux boutons !

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