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Claude Gueux de Victor Hugo, Comment développer la France…

Posted by Eddy on 29 juin 2015 in Auteur sur kindle |

 

Claude Gueux de Victor Hugo.

 

Une histoire tragique sur la société, la vie de Claude Gueux par Victor Hugo, si quelques éléments ont changés, aujourd’hui le problème reste entier.

Claude Gueux par Victor Hugo

Claude Gueux par Victor Hugo

Dans le livre PDF Claude Gueux, vous trouvez des réponses à nos problèmes de formation, chômage etc…

L’ouvrier était capable, habile, intelligent, fort maltraité par l’éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire et sachant penser.

Un hiver, l’ouvrage manqua.

Pas de feu ni de pain dans le galetas.

L’homme, la fille et l’enfant eurent froid et faim.

L’homme vola.

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Claude Gueux de Victor Hugo.

Je ne sais ce qu’il vola, je ne sais où il vola.

Ce que je sais, c’est que de ce vol il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l’enfant, et cinq ans de prison pour l’homme.

L’homme fut envoyé faire son temps à la maison centrale de Clairvaux.

Clairvaux, abbaye dont on a fait une bastille, cellule dont on a fait un cabanon, autel dont on a fait un pilori.

Quand nous parlons de progrès, c’est ainsi que certaines gens le comprennent et l’exécutent.

Voilà la chose qu’ils mettent sous notre mot.

Poursuivons.

Arrivé là, on le mit dans un cachot pour la nuit, et dans un atelier pour le jour.

Ce n’est pas l’atelier que je blâme.

Claude Gueux, honnête ouvrier naguère, voleur désormais, était une figure digne et grave.

Claude Gueux de Victor Hugo.

Il avait le front haut, déjà ridé quoique jeune encore, quelques cheveux gris perdus dans les touffes noires, l’œil doux et fort puissamment enfoncé sous une arcade sourcilière bien modelée, les narines ouvertes, le menton avancé, la lèvre dédaigneuse.

C’était une belle tête.

On va voir ce que la société en a fait.

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Il avait la parole rare, le geste peu fréquent, quelque chose d’impérieux dans toute sa personne et qui se faisait obéir, l’air pensif, sérieux plutôt que souffrant.

Il avait pourtant bien souffert.

Dans le dépôt où Claude Gueux était enfermé, il y avait un directeur des ateliers, espèce de fonctionnaire propre aux prisons, qui tient tout ensemble du guichetier et du marchand, qui fait en même temps une commande à l’ouvrier et une menace au prisonnier, qui vous met l’outil aux mains et les fers aux pieds.

Celui- là était lui-même une variété de l’espèce, un homme bref, tyrannique, obéissant à ses idées, toujours à courte bride sur son autorité ; d’ailleurs, dans l’occasion, bon compagnon, bon prince, jovial même et raillant avec grâce ; dur plutôt que ferme ; ne raisonnant avec personne, pas même avec lui ; bon père, bon mari sans doute, ce qui est devoir et non vertu ; en un mot, pas méchant, mauvais.

C’était un de ces hommes qui n’ont rien de vibrant ni d’élastique, qui sont composés de molécules inertes, qui ne résonnent au choc d’aucune idée, au contact d’aucun sentiment, qui ont des colères glacées, des haines mornes, des emportements sans émotion, qui prennent feu sans s’échauffer, dont la capacité de calorique est nulle, et qu’on dirait souvent faits de bois ; ils flambent par un bout et sont froids par l’autre.

Claude Gueux de Victor Hugo.

La ligne principale, la ligne diagonale du caractère de cet homme, c’était la ténacité.

Il était fier d’être tenace, et se comparait à Napoléon.

Ceci n’est qu’une illusion d’optique.

Il y a nombre de gens qui en sont dupes et qui, à certaine distance, prennent la ténacité pour de la volonté, et une chandelle pour une étoile.

Quand cet homme donc avait une fois ajusté ce qu’il appelait sa volonté à une chose absurde, il allait tête haute et à travers toute broussaille jusqu’au bout de la chose absurde. L’entêtement sans l’intelligence, c’est la sottise soudée au bout de la bêtise et lui servant de rallonge.

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Cela va loin.

En général, quand une catastrophe privée ou publique s’est écroulée sur nous, si nous examinons, d’après les décombres qui en gisent à terre, de quelle façon elle s’est échafaudée, nous trouvons presque toujours qu’elle a été aveuglément construite par un homme médiocre et obstiné qui avait foi en lui et qui s’admirait.

Il y a par le monde beaucoup de ces petites fatalités têtues qui se croient des providences.

Voilà donc ce que c’était que le directeur des ateliers de la prison centrale de Clairvaux.

Voilà de quoi était fait le briquet avec lequel la société frappait chaque jour sur les prisonniers pour en tirer des étincelles.

 

L’étincelle que de pareils briquets arrachent à de pareils cailloux allume souvent des incendies.

Il y eut, dans cette heure dernière, des instants où il causa avec tant de tranquillité et même de gaieté, que plusieurs de ses camarades espéraient intérieurement, comme ils l’ont déclaré depuis, qu’il abandonnerait peut-être sa résolution.

Claude Gueux de Victor Hugo.

Il s’amusa même une fois à éteindre une des rares chandelles qui éclairaient l’atelier avec le souffle de sa narine, car il avait de mauvaises habitudes d’éducation qui dérangeaient sa dignité naturelle plus souvent qu’il n’aurait fallu.

Rien ne pouvait faire que cet ancien gamin des rues n’eût point par moments l’odeur du ruisseau de Paris.

Un homme ivre me donne un coup de poing, je le tue, j’ai été provoqué, vous me faites grâce, vous m’envoyez aux galères.

Mais un homme qui n’est pas ivre et qui a toute sa raison me comprime le cœur pendant quatre ans, m’humilie pendant quatre ans, me pique tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, d’un coup d’épingle à quelque place inattendue pendant quatre ans !

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Claude Gueux de Victor Hugo.

J’avais une femme pour qui j’ai volé, il me torture avec cette femme ; j’avais un enfant pour qui j’ai volé, il me torture avec cet enfant ; je n’ai pas assez de pain, un ami m’en donne, il m’ôte mon ami et mon pain.

Je redemande mon ami, il me met au cachot.

Je lui dis vous, à lui mouchard, il me dit tu.

Je lui dis que je souffre, il me dit que je l’ennuie.

Alors que voulez-vous que je fasse ?

Je le tue.

Claude Gueux de Victor Hugo.

C’est bien, je suis un monstre, j’ai tué cet homme, je n’ai pas été provoqué, vous me coupez la tête.

Faites.

Dans cette vie importante il y a deux phases principales : avant la chute, après la chute ; et, sous ces deux phases, deux questions :

Question de l’éducation, question de la pénalité ; et, entre ces deux

Questions, la société tout entière.

 

Cet homme, certes, était bien né, bien organisé, bien doué.

Que lui a-t-il donc manqué ?

Réfléchissez.

Savez-vous que la France est un des pays de l’Europe où il y a le moins de natifs qui sachent lire !

Quoi !

La Suisse sait lire, la Belgique, sait lire, le Danemark sait lire, la Grèce sait lire, l’Irlande sait lire, et la France ne sait pas lire ?

C’est une honte.

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