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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye…

Posted by Eddy on 16 septembre 2015 in Auteur sur kindle |

Contes et Nouvelles
– Édouard Lefebvre de Laboulaye.

 

Des contes et des Nouvelles d’Edouard Lefebvre de Laboulaye, un livre en PDF divertissant et original à vous maintenant de le découvrir.

Contes et Nouvelles - Edouard Lefebvre de Laboulaye

Contes et Nouvelles – Edouard Lefebvre de Laboulaye

Auteur : Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Éditeur en PDF : Les Editions PEL

     Un mois après cette scène mémorable, Marie était devenue l’amie, presque la sœur de Madeleine.

Non seulement elle lui avait procuré de l’ouvrage en la recommandant à toutes ses connaissances, mais chaque jour elle allait travailler auprès de la petite Julie.

Souvent elle apportait avec elle un gros livre, tout rempli d’images, et faisait une lecture que la mère et la fille écoutaient avec un égal intérêt.

Ce livre, c’est celui qui parle à tous les âges, à toutes les conditions, et qui, depuis deux mille ans, n’a rien perdu de son intérêt :

C’est la Bible.

«Ah ! Mademoiselle, disait souvent Madeleine, tout en mouillant et en repassant ses dentelles, que Jésus-Christ était bon, et qu’on voit bien qu’il était pauvre comme ceux qu’il consolait ! Comme ces paroles me vont au cœur !

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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Comment se fait-il que je sois venue à mon âge sans qu’on m’ait donné à lire ce livre divin ?

– On le lit à l’église tous les dimanches, Madeleine ; pourquoi n’y allez-vous pas ?

Vous êtes chrétienne, cependant.

Cette image qui est là, clouée au mur, qui représente un prêtre à l’autel et une femme à genoux, cette image au bas de laquelle il est écrit :

_Précieux souvenir si vous êtes fidèle_, n’est-ce pas à votre première communion qu’on vous l’a donnée ?

– Vous avez raison, Mademoiselle, je suis une païenne ; pardonnez-moi : on m’a si mal élevée, et j’ai tant souffert !

Pour nous autres, pauvres gens, l’église c’est l’endroit où l’on baptise nos enfants et où l’on nous enterre ; nous n’en savons pas plus long.

Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

On y dit de belles paroles, je le sais, j’y suis entrée quelquefois ; mais ces belles paroles, on les pratique si peu que nous ne croyons guère à ceux qui les prêchent.

C’est vous, Mademoiselle, qui me faites comprendre Notre-Seigneur ; vous êtes bonne comme lui.

– Taisez-vous, Madeleine, ne dites rien de semblable ; je ne suis qu’une pécheresse, comme toutes les filles d’Ève.

Caton, ce vrai sage, a dit, je ne sais où, qu’en toute sa vie il s’était repenti de trois choses : la première, c’était d’avoir confié son secret à une femme ; la seconde, d’avoir passé un jour entier sans rien faire ; la troisième, d’être allé par mer quand il pouvait prendre un chemin plus solide et plus sûr.

Les deux premiers regrets de Caton, je les laisse à qui veut s’en charger ; il n’est jamais prudent de se mettre mal avec la plus douce moitié du genre humain, et médire de la paresse n’appartient pas à tout le monde ; mais la troisième maxime, on devrait l’écrire en lettres d’or sur le pont de tous les navires comme un avis aux imprudents.

Faute d’y songer, je me suis souvent embarqué ; l’expérience d’autrui ne nous sert pas plus que la nôtre.

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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Mais à peine sorti du port, la mémoire me revenait aussitôt ; et que de fois, en mer comme ailleurs, n’ai-je pas senti, mais trop tard, que je n’étais pas un Caton !

Un jour surtout, je m’en souviens encore, je rendis pleine justice à la sagesse du vieux Romain.

J’étais parti de Salerne par un soleil admirable ; mais, à peine en mer, la bourrasque nous surprit et nous poussa vers Amalfi avec une rapidité que nous ne souhaitions guère.

En un instant je vis l’équipage pâlir, gesticuler, crier, jurer, pleurer, prier, puis je ne vis plus rien.

Battu du vent et de la pluie, mouillé jusqu’aux os, j’étais étendu au fond de la barque, les yeux fermés, le cœur malade, oubliant tout à fait que je voyageais pour mon plaisir, quand une brusque secousse me rappelant à moi-même, je me sentis saisi par une main vigoureuse.

Au-dessus de moi, et me tirant par les épaules, était le patron, l’air réjoui, le regard enflammé.

Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

«Du courage, Excellence, criait-il en me remettant sur pied, la barque est à terre ; nous sommes à Amalfi.

Debout !

Un bon dîner vous remettra le cœur ; l’orage est passé ; ce soir nous irons à Sorrente !»

Le temps, la mer, le fou, la femme et la fortune Tournent comme le vent, changent comme la lune.

Il n’y a maintenant, disent les pêcheurs, que trois vieilles ruines où l’on ne trouve que la fièvre, des buffles et des Anglais ; autrefois c’était une grande ville, habitée par un peuple nombreux.

Il y a bien longtemps de cela, comme qui dirait au siècle des patriarches, quand tout le pays était aux mains des païens grecs, que d’autres nomment Sarrasins.

En ce temps-là, il y avait à Paestum un marchand bon comme le pain, doux comme le miel, riche comme la mer.

 On l’appelait Cecco ; il était veuf, et n’avait qu’une fille qu’il aimait comme son oeil droit, Violette, c’était le nom de cette enfant chérie, était blanche comme du lait et rose comme la fraise.

Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux plus bleus que le ciel, une joue veloutée comme l’aile d’un papillon, et un grain de beauté juste au coin de la lèvre.

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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Joignez à cela l’esprit du démon, la grâce d’une Madeleine, la taille de Vénus et des doigts de fée.

Vous comprendrez qu’à la première vue, jeunes et vieux ne pouvaient se défendre de l’aimer.

Quand Violette eut quinze ans, Cecco songea à la marier.

C’était pour lui un grand souci.

L’oranger, pensait-il, donne sa fleur sans savoir qui la cueillera ; un père met au monde une fille, et, pendant de longues années, la soigne comme la prunelle de ses yeux pour qu’un beau jour un inconnu lui vole son trésor, sans même le remercier.

Où trouver un mari digne de ma Violette ?

N’importe, elle est assez riche pour choisir qui lui plaira ; belle et fine comme elle est, elle apprivoiserait un tigre, si elle s’en mêlait.

Jusque-là les femmes ne trouvent que des fats qui se laissent adorer ; ce n’est vraiment qu’après quarante ans qu’un homme est mûr pour aimer et pour obéir.

Que dis-tu de ce conseiller de justice qui parle si bien et qui s’écoute en parlant ?

Ses cheveux grisonnent, qu’importe !

Avec des cheveux gris on n’est pas plus sage qu’avec des cheveux noirs.

– Père, tu ne tiens pas ta parole.

Tu vois bien qu’avec ses yeux rouges et les boucles blanches qui lui frisent sur les oreilles, ce seigneur a la mine d’un caniche.»

De tous les convives il en fut de même, pas un n’échappa à la langue de Violette.

Celui-ci, qui soupirait en tremblant, ressemblait à un chien turc ; celui-là, qui avait de longs cheveux noirs et des yeux caressants, avait la figure d’un épagneul ; personne ne fut épargné.

On dit, en effet, que, parmi vous autres hommes, il n’en est pas un qui n’ait l’air d’un chien quand on lui met la main sous le nez, en lui cachant la bouche et le menton ; vous devez le savoir, vous autres signori, qui êtes tous des savants, car on dit que si vous remuez les pierres de notre Italie, c’est pour demander à nos morts la sagesse qui, à mon avis, ne doit pas être une marchandise commune dans votre pays.

Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

«Violette à trop d’esprit, pensa Cecco, je n’en viendrai jamais à bout par la raison.»

Sur quoi il entra dans une colère blanche ; il l’appela ingrate, tête de bois, fille de sot, et finit en la menaçant de la mettre au couvent pour le reste de sa vie.

Violette pleura ; il se jeta à ses genoux, lui demanda pardon, et lui promit de ne jamais plus lui parler de rien.

Le lendemain il se leva sans avoir dormi, embrassa sa fille, la remercia de n’avoir pas les yeux rouges, et attendit que le vent qui tourne les girouettes soufflât du côté de sa maison.

Cette fois, il n’avait pas tort.

Avec les femmes il arrive plus de choses en une heure qu’en dix ans avec les hommes, et ce n’est jamais pour elles qu’il est écrit :

On ne passe pas par ce chemin.

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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

     De toutes les vertus qui honorent une femme, la plus belle et la plus précieuse, sans contredit, c’est la piété, car elle contient en soi toutes les autres : la charité, le sacrifice, la modestie, le courage, l’amour de la justice et de la vérité.

Les femmes de France se sont toujours distinguées par leur piété ; depuis la reine Bathilde et la mère de saint Louis jusqu’à Jeanne d’Arc, depuis sainte Geneviève jusqu’à l’épouse de Louis XV, la reine Marie Leckzinska, on peut citer auprès du trône, comme dans les conditions les plus obscures, une foule de femmes devenues célèbres par leur sainteté, non moins que par leur courage et par leur esprit.

Mais parmi tous les noms qui sont venus jusqu’à nous et qu’entoure la vénération des siècles, il n’en est pas un qui mérite d’être conservé avec plus de respect que celui de la pauvre esclave Blandine, la première victime de la persécution païenne dans les Gaules, la première martyre de Lyon.

On sait que le christianisme vint de bonne heure en notre pays.

Il y fut apporté par les disciples de saint Jean, venus d’Orient pour répandre la bonne nouvelle dans les Gaules.

Dès le milieu du second siècle après Jésus-Christ, au temps de l’empereur Marc-Aurèle, nous trouvons à Lyon une Église déjà florissante, quoique cachée ; cette Église a pour chef Pontinus, vieillard de plus de quatre-vingt-dix ans, qui avait dû entendre à Éphèse le disciple bien-aimé du Seigneur.

Des chrétiens venus de la Grèce et d’Asie, des Romains et des Gaulois convertis, composaient la communauté nouvelle ; rien n’y manquait, pas même des esclaves instruits par leur maître.

C’était là le spectacle jusqu’alors inconnu que donnait le christianisme ; pour la première fois l’esclave était traité comme un homme, et non plus une brute ; pour la première fois, le riche et le puissant respectaient dans le pauvre et l’opprimé une âme immortelle, rachetée par Jésus-Christ…..

Blandine n’avait plus rien à craindre des hommes ; c’était elle maintenant qui faisait trembler les ministres de César.

Cette dépouille sanglante, ce reste de chair et d’os, qui avaient échappé à la dent des bêtes et au fer des bourreaux, voilà des trésors que se disputaient les chrétiens.

Pour obtenir ces saintes reliques, un fidèle offrait sa fortune ; si on la refusait, il se glissait dans l’ombre des nuits pour ravir ce qui, pour lui, était plus précieux que l’or.

Les magistrats n’ignoraient pas que, si ce cadavre leur échappait, on se disputerait chacun des cheveux de Blandine, et que chacun des possesseurs serait un nouvel ami de la vérité, un nouvel ennemi du despotisme impérial.

C’est là qu’était le danger pour ces bourreaux qu’effrayait la pâle figure d’une pauvre femme qu’ils avaient égorgée.

Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Pendant six jours on exposa les restes des martyrs à toutes les injures du temps, à tous les outrages des hommes ; le septième jour, on les brûla, et les cendres furent jetées dans le Rhône.

Les païens s’imaginaient ainsi défier Dieu et empêcher la résurrection qu’attendaient les chrétiens ; ils voulaient ravir aux fidèles toute espérance, en même temps leur ôter tout souvenir.

Impuissance de la force !

Toutes ces violences ne trahissaient que la crainte.

Les siècles ont passé ; le paganisme est tombé ; le nom des bourreaux a disparu sous l’exécration publique.

Mais le nom de Blandine est resté……

«Capitaine, lui dis-je, quand donc lis-tu ?

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Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Quand donc écris-tu ?

– Vraiment, répondit-il, cela me serait difficile, je ne sais ni lire ni écrire.

– Tu es bien heureux !

M’écriai-je.

Tu n’as pas de maîtres, toi, tu t’amuses toujours, tu sais tout sans l’avoir appris.

– Sans l’avoir appris ? reprit-il, ne le crois pas ; ce que je sais me coûte cher ; tu ne voudrais pas de mon savoir au prix qu’il m’a fallu le payer.

– Comment cela, capitaine ?

On ne t’a jamais grondé, tu as toujours fait ce que tu as voulu.

– C’est ce qui te trompe, mon enfant, me dit-il en adoucissant sa grosse voix et en me regardant d’un air de bonté ; j’ai fait ce qu’ont voulu les autres, et j’ai eu une terrible maîtresse qui ne donne pas ses leçons pour rien ; on la nomme l’expérience.

Elle ne vaut pas ta mère, je t’en réponds.

– C’est l’expérience qui t’a rendu savant, capitaine ?

– Savant, non ; mais elle m’a enseigné le peu que je sais.

Toi, mon enfant, quand tu lis un livre, tu profites de l’expérience des autres ; moi, j’ai tout appris à la sueur de mon corps.

Contes et Nouvelles – Édouard Lefebvre de Laboulaye.

Je ne lis pas, c’est vrai, malheureusement pour moi, mais j’ai une bibliothèque qui en vaut bien une autre.

Elle est là, ajouta-t-il en se frappant le front.

– Qu’est-ce qu’il y a dans ta bibliothèque ?

– Un peu de tout : des voyages, de l’industrie, de la médecine, des proverbes, des contes.

Cela te fait rire ?

Mon petit homme, il y a souvent plus de morale dans un conte que dans toutes les histoires romaines.

C’est la sagesse des nations qui les a inventés ; grands ou petits, jeunes ou vieux, chacun peut en faire son profit.

– Si tu m’en contais un ou deux, capitaine, tu me rendrais sage comme toi.

– Volontiers, reprit le marin ; mais je le préviens que je ne suis pas un diseur de belles paroles ; je te réciterai mes contes comme on me les a récités ; je te dirai à quelle occasion et quel profit j’en ai tiré……

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