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Cora de George Sand…

Posted by Eddy on 7 juin 2015 in Auteur sur kindle |

Cora de George Sand.

 

Auteur : George Sand.

Editeur : Les Editions PEL qui vous proposent cette semaine « Cora de George Sand » livre en PDF.

Cora de George Sand

Cora de George Sand

A mon retour de l’île Bourbon (je me trouvais dans une situation assez précaire), je sollicitai et j’obtins un mince emploi dans l’administration des postes.

Je fus envoyé au fond de la province, dans une petite ville dont je tairai le nom pour des motifs que vous concevrez facilement.

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Cora de George Sand

L’apparition d’une nouvelle figure est un événement dans une petite ville, et, quoique mon emploi fût des moins importants, pendant quelques jours je fus, après un phoque vivant et deux boas constrictors, qui venaient de s’installer sur la place du marché, l’objet le plus excitant de la curiosité publique et le sujet le plus exploité des conversations particulières.

La niaise oisiveté dont j’étais victime me séquestra chez moi pendant toute la première semaine.

J’étais fort jeune, et la négligence que j’avais jusqu’alors apportée par caractère aux importantes considérations de la mise et de la tenue commençaient à se révéler à moi sous la forme du remords.

Cora-George Sand.

Après un séjour de quelques années aux colonies, ma toilette se ressentait visiblement de l’état de stagnation honteuse où l’avait laissé le progrès du siècle.

A tout prendre, pour moi qui n’avais point vu les merveilles de la civilisation poussées à la dernière limite, pour moi qui n’avais vu l’opéra qu’en Amérique et le bal qu’en Asie, le bal à peu près public et général de la petite ville pouvait bien sembler pompeux et enivrant, si l’on considère d’ailleurs la profonde sensation qu’y produisait mon habit et le succès incontestable que j’obtins d’emblée à la fin de la première contredanse.

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Mais ces joies naïves de l’amour-propre firent bientôt place à un sentiment plus conforme à ma nature inflammable et contemplative.

Une femme entra dans le bal et j’oubliai toutes les autres ; j’oubliai même mon triomphe et mon habit neuf.

Je n’eus plus de regards et de pensées que pour elle.

Cora-George Sand.

Elle était extraordinairement brune pour le climat tempéré où elle était née ; mais sa peau était fine et unie comme la cire la mieux moulée.

Le principal caractère de sa tête régulièrement dessinée, c’était quelque chose d’indéfinissable, de surhumain, qu’il faut avoir vu pour le comprendre ; des lignes d’une netteté prestigieuse, de grands yeux d’un vert si pâle et si transparent qu’ils semblaient faits pour lire dans les mystères du monde intellectuel plus que dans les choses de la vie positive ;

une bouche aux lèvres minces, fines et pâles, au sourire imperceptible, aux rares paroles ; un profil sévère et mélancolique, un regard froid, triste et pensif, une expression vague de souffrance, d’ennui et de dédain ; et puis des mouvements doux et réservés, une main effilée et blanche, beauté si rare chez les femmes d’une condition médiocre ; une toilette grave et simple, discernement si étrange chez une provinciale ; surtout un air de dignité calme et inflexible qui aurait été sublime sous la couronne de diamants d’une reine espagnole, et qui, chez cette pauvre fille, semblait être le sceau du malheur, l’indice d’une organisation exceptionnelle.

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Elle semblait avoir deviné qu’elle était belle autrement que toutes les autres : car je n’ai pas besoin de vous le dire, Cora étant d’un type rare et d’un coloris oriental,

Cora ressemblant à la juive Rebecca, ou à la Juliette de Shakespeare, Cora majestueuse, souffrante et un peu farouche, Cora qui n’était ni rose, ni replète, ni agaçante, ni gentille, n’était ni aperçue ni soupçonnée dans la foule.

Cora-George Sand.

Elle vivait là comme une rose épanouie dans le désert, comme une perle échouée sur le sable, et la première personne venue, à qui vous eussiez exprimé votre admiration à la vue de Cora, vous eût répondu :

Oui, elle ne serait pas mal si elle était plus blanche et moins maigre.

Je l’aimais si éperdument, moi !

Toutes mes facultés intellectuelles se concentraient pour produire une force de désir et d’attente qui planait impérieusement sur Cora.

Son âme, faite du plus beau rayon de la Divinité, pouvait-elle rester inerte sous le vol magnétique de cette pensée de feu ?

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Je ne voulus point le croire, et je sentis mon cœur si pur, mes désirs si chastes, que je ne craignis bientôt plus d’offenser Cora en les lui révélant.

Alors je lui parlai cette langue des cieux qu’il n’est donné qu’aux âmes poétiques d’entendre.

Je lui exprimai les tortures ineffables et les divines souffrances de mon amour.

Je lui racontai mes rêves, mes illusions, les milliers de poèmes et de vers alexandrins que j’avais faits pour elle.

J’eus le bonheur de la voir, attentive et subjuguée, quitter son livre et se pencher vers moi d’un air pénétré pour m’entendre, car mes paroles avaient un sens nouveau pour elle, et je faisais entrer dans son esprit un ordre de pensées sublimes qu’il n’avait encore jamais osé aborder.

Étranger, vous avez été accueilli dans cette ville avec toutes les marques de la bienveillance et toute l’aménité de mœurs qui distingue ses habitants.

Malade, vous avez été soigné par vos voisins, avec zèle et dévouement.

Tous ces témoignages de confiance et d’intérêt eussent dû graver profondément en vous le sentiment des convenances et celui de la gratitude…

-Mille noms d’un sabord !

Cora-George Sand.

Monsieur, m’écriai-je dans mon style de marin, qui, dans la colère, reprenait malgré moi le dessus, où voulez-vous en venir, et qu’ai-je fait pour mériter la prison et votre harangue ?…

-Monsieur, dit-il en fronçant le sourcil, voici ce que vous avez fait : vous avez accepté l’hospitalité que chaque jour un honnête citoyen, un estimable épicier, vous offrait au sein de sa famille, et vous l’avez acceptée avec des intentions qu’il ne m’appartient pas de qualifier, et dont votre conscience seule peut être juge.

Moi je pense que votre intention a été de séduire la fille de l’épicier et de l’éblouir par des discours incohérents qui portaient tous les caractères de l’exaltation ; ou de vous faire un jeu de sa simplicité, en la mystifiant par d’énigmatiques railleries.

-Juste ciel !

Qui a dit cela ?

M’écriai-je avec angoisse.

-Madame Cora Gibonneau elle-même…………….

Cora-George Sand

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Cora de George Sand

Du même Auteur : Aldo le Rimeur de George Sand

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