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De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Posted by Eddy on 16 juin 2015 in Auteur sur kindle |

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

 

Chateaubriand dans son livre en PDF vous propose De Buonaparte et des Bourbons, c’est un épisode de la France assez importante pour la relire.

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand

Vous pourrez ainsi constater que Napoléon, Staline, Hitler et autres Pol Pot sont de la même famille des assassins, des destructeurs et en aucun cas des exemples.

Chaque nation a ses vices.

Ceux des Français ne sont pas la trahison, la noirceur et l’ingratitude.

Le meurtre du duc d’Enghien, la torture et l’assassinat de Pichegru, la guerre d’Espagne et la captivité du pape, décèlent dans Buonaparte une nature étrangère à la France.

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De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Malgré le poids des chaînes dont nous étions accablés, sensibles aux malheurs autant qu’à la gloire, nous avons pleuré le duc d’Enghien, Pichegru, Georges et Moreau ; nous avons admiré

Saragosse et environné d’hommages un pontife chargé de fers.

Celui qui priva de ses Etats le prêtre vénérable dont la main l’avait marqué du sceau des rois, celui qui à Fontainebleau osa, dit-on, frapper le souverain pontife, traîner par ses cheveux blancs le père des fidèles, celui-là crut peut-être remporter une nouvelle victoire : il ne savait pas qu’il restait à l’héritier de Jésus-Christ ce sceptre de roseau et cette couronne d’épines qui triomphent tôt ou tard de la puissance du méchant.

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Enfin, la conscription faisait comme le couronnement de ses œuvres de despotisme.

La Scandinavie, appelée par un historien la fabrique du genre humain, n’aurait pu fournir assez d’hommes à cette loi homicide.

Le code de la conscription sera un monument éternel du règne de Buonaparte.

Là se trouve réuni tout ce que la tyrannie la plus subtile et la plus ingénieuse peut imaginer pour tourmenter et dévorer les peuples : c’est véritablement le code de l’enfer.

Les générations de la France étaient mises en coupe réglée comme les arbres d’une forêt : chaque année quatre-vingt mille jeunes gens étaient abattus.

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Mais ce n’était là que la coupe régulière : souvent la conscription était doublée ou fortifiée par des levées extraordinaires ; souvent elle dévorait d’avance les futures victimes, comme un dissipateur emprunte sur le revenu à venir.

On avait fini par prendre sans compter : l’âge légal, les qualités requises pour mourir sur un champ de bataille n’étaient plus considérés ; et l’inexorable loi montrait à cet égard une merveilleuse indulgence.

L’absurde se mêlait à l’atroce : souvent on demandait des enfants à ceux qui étaient assez heureux pour n’avoir point de postérité ; on employait la violence pour découvrir le porteur d’un nom qui n’existait que sur le rôle des gendarmes, ou pour avoir un conscrit qui servait déjà depuis cinq ou six ans.

Des femmes grosses ont été mises à la torture, afin qu’elles révélassent le lieu où se tenait caché le premier né de leurs entrailles ; des pères ont apporté le cadavre de leur fils pour prouver qu’ils ne pouvaient fournir ce fils vivant.

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Il restait encore quelques familles dont les enfants, plus riches, s’étaient rachetés ; ils se destinaient à former un jour des magistrats, des administrateurs, des savants, des propriétaires, si utiles à l’ordre social dans un grand pays : par le décret des gardes d’honneur, on les a enveloppés dans le massacre universel.

On en était venu à ce point de mépris pour la vie des hommes et pour la France, d’appeler les conscrits la matière première et la chair à canon.

On agitait quelquefois cette grande question parmi les pourvoyeurs de chair humaine : savoir combien de temps durait un conscrit ; les uns prétendaient qu’il durait trente-trois mois, les autres trente-six.

Buonaparte disait lui-même :

J’ai trois cent mille hommes de revenu.

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Il a fait périr dans les onze années de son règne plus de cinq millions de Français, ce qui surpasse le nombre de ceux que nos guerres civiles ont enlevés pendant trois siècles, sous les règnes de Jean, de Charles V, de Charles VI, de Charles VII, d’Henri II, de François II, de Charles IX, d’Henri III et d’Henri IV.

Dans les douze derniers mois qui viennent de s’écouler, Buonaparte a levé (sans compter la garde nationale) treize cent mille hommes, ce qui est plus de cent mille hommes par mois : et on a osé lui dire qu’il n’avait dépensé que le luxe de la population.

L’imagination le domine, et la raison ne le règle point.

Ses desseins ne sont point le fruit de quelque chose de profond et de réfléchi, mais l’effet d’un mouvement subit et d’une révolution soudaine.

Il a quelque chose de l’histrion et du comédien ; il joue tout, jusqu’aux passions qu’il n’a pas. Toujours sur un théâtre, au Caire, c’est un renégat qui se vante d’avoir détruit la papauté ; à Paris, c’est le restaurateur de la religion chrétienne ; tantôt inspiré, tantôt philosophe, ses scènes sont préparées d’avance ; un souverain qui a pu prendre des leçons afin de paraître dans une attitude royale est jugé pour la postérité.

Jaloux de paraître original, il n’est presque jamais qu’imitateur ; mais ses imitations sont si grossières, qu’elles rappellent à l’instant l’objet ou l’action qu’il copie ; il essaye toujours de dire ce qu’il croit un grand mot, ou de faire ce qu’il présume une grande chose.

Affectant l’universalité du génie, il parle de finances et de spectacles, de guerre et de modes, règle le sort des rois et celui d’un commis à la barrière, date du Kremlin un règlement sur les théâtres, et le jour d’une bataille fait arrêter quelques femmes à Paris.

Enfant de notre révolution, il a des ressemblances frappantes avec sa mère ; intempérance de langage, goût de la basse littérature, passion d’écrire dans les journaux.

Sous le Ménisque de César et d’Alexandre, on aperçoit l’homme de peu et l’enfant de petite famille.

Il méprise souverainement les hommes, parce qu’il les juge d’après lui.

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Sa maxime est qu’ils ne font rien que par intérêt, que la probité même n’est qu’un calcul.

De là le système de fusion qui faisait la base de son gouvernement, employant également le méchant et l’honnête homme, mêlant à dessein le vice et la vertu, et prenant toujours soin de vous placer en opposition à vos principes.

Son grand plaisir était de déshonorer la vertu, de souiller les réputations : il ne vous touchait que pour vous flétrir.

Quand il vous avait fait tomber, vous deveniez son homme, selon son expression ; vous lui apparteniez par droit de honte ; il vous en aimait un peu moins, et vous en méprisait un peu plus.

Dans son administration, il voulait qu’on ne connût que les résultats, et qu’on ne s’embarrassât jamais des moyens, les masses devant être tout, les individualités rien.

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 » On corrompra cette jeunesse, mais elle m’obéira mieux ; on fera périr cette branche d’industrie, mais j’obtiendrai pour le moment plusieurs millions ; il périra soixante mille hommes dans cette affaire, mais je gagnerai la bataille.

 » Voilà tout son raisonnement, et voilà comme les royaumes sont anéantis !

Aujourd’hui, homme de malheur, nous te prendrons par tes discours, et nous t’interrogerons par tes paroles.

Dis, qu’as-tu fait de cette France si brillante ?

Où sont nos trésors, les millions de l’Italie, de l’Europe entière ?

Qu’as-tu fait, non pas de cent mille, mais de cinq millions de Français que nous connaissions tous, nos parents, nos amis, nos frères ?

Cet état de choses ne peut durer ; il nous a plongés dans un affreux despotisme.

Tu voulais la république, et tu nous as apporté l’esclavage.

Nous, nous voulons la monarchie assise sur les bases de l’égalité des droits, de la morale, de la liberté civile, de la tolérance politique et religieuse.

Nous l’as-tu donnée, cette monarchie ?

Qu’as-tu fait pour nous ?

Que devons-nous à ton règne ?

Qui est-ce qui a assassiné le duc d’Enghien, torturé Pichegru, banni Moreau, chargé de chaînes le souverain pontife, enlevé les princes d’Espagne, commencé une guerre impie ? C’est toi.

Qui est-ce qui a perdu nos colonies, anéanti notre commerce, ouvert l’Amérique aux Anglais, corrompu nos mœurs, enlevé les enfants aux pères, désolé les familles, ravagé le monde, brûlé plus de mille lieues de pays, inspiré l’horreur du nom français à toute la terre ?

C’est toi……………….

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

Cessons de vouloir nous le cacher : il n’y aura ni repos, ni bonheur, ni félicité, ni stabilité dans nos lois, nos opinions, nos fortunes, que quand la maison de Bourbon sera rétablie sur le trône.

Cette noble résolution fut la cause de la gloire et de la grandeur de la France : l’oriflamme fut déchirée aux champs de Crécy, de Poitiers et d’Azincourt, mais ces lambeaux triomphèrent enfin de la bannière d’Edouard III et d’Henri V, et le cri de Montjoie Saint-Denis étouffa celui de toutes les factions.

La même question de l’hérédité se représenta à la mort d’Henri III : le parlement rendit alors le fameux édit qui donna Henri IV et Louis XIV à la France.

Ce n’étaient pourtant pas des têtes ignobles que celles d’Edouard III, d’Henri V, du duc de Guise et de l’infante d’Espagne.

Grand Dieu !

Qu’est donc devenu l’orgueil de la France !

Elle a refusé d’aussi grands souverains pour conserver sa race française et royale, et elle a fait choix de Buonaparte !

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En vain prétendrait-on que Buonaparte n’est pas étranger : il l’est aux yeux de toute l’Europe, de tous les Français non prévenus ; il le sera au jugement de la postérité : elle lui attribuera peut-être la meilleure partie de nos victoires, et nous chargera d’une partie de ses crimes. Buonaparte n’a rien de français, ni dans les mœurs, ni dans le caractère.

Les traits mêmes de son visage montrent son origine.

La langue qu’il apprit dans son berceau n’était pas la nôtre, et son accent comme son nom révèlent sa patrie.

Son père et sa mère ont vécu plus de la moitié de leur vie sujets de la république de Gênes. Lui-même est plus sincère que ses flatteurs : il ne se reconnaît pas Français ; il nous hait et nous méprise.

Il lui est plusieurs fois échappé de dire :

Voilà comme vous êtes, vous autres Français.

Dans un discours, il a parlé de l’Italie comme de sa patrie, et de la France comme de sa conquête…………

Si tout doit devenir paisible avec eux, s’ils peuvent seuls mettre un terme à cette trop longue révolution, le retour de Buonaparte nous plongerait dans des maux affreux et dans des troubles interminables.

De Buonaparte et des Bourbons de Chateaubriand.

L’imagination la plus féconde peut-elle se représenter ce que serait ce monstrueux géant resserré dans d’étroites limites, n’ayant plus les trésors du monde à dévorer et le sang de l’Europe à répandre ?

Les rois alliés ne trouveront aucun obstacle à leur dessein s’ils veulent suivre le seul parti qui peut assurer le repos de la France et celui de l’Europe.

Ils doivent être satisfaits du triomphe de leurs armes.

Nous Français, nous ne devons considérer ces triomphes que comme une leçon de la Providence, qui nous châtie sans nous humilier.

Nous pouvons nous dire avec assurance que ce qui eût été impossible sous nos princes légitimes ne pouvait s’accomplir que sous ce règne d’un aventurier.

Les rois alliés doivent désormais aspirer à une gloire plus solide et plus durable.

Qu’ils se rendent avec leur garde sur la place de notre Révolution ; qu’ils fassent célébrer une pompe funèbre à la place même où sont tombées les têtes de Louis et d’Antoinette ; que ce conseil de rois, la main sur l’autel, au milieu du peuple français à genoux et en larmes,

reconnaisse Louis XVIII pour roi de France : ils offriront au monde le plus grand spectacle qu’il ait jamais vu, et répandront sur eux une gloire que les siècles ne pourront effacer.

Mais déjà une partie de ces événements est accomplie.

Les miracles ont enfanté les miracles.

Paris, comme Athènes, a vu rentrer dans ses murs des étrangers qui l’ont respecté, en souvenir de sa gloire et de ses grands hommes.

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