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De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël…

Posted by Eddy on 11 novembre 2015 in Auteur sur kindle |

De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël

 

Les Editions PEL vous proposent aujourd’hui : De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël, c’est vraiment très contemporain dans l’analyse, vous ne perdrez pas votre temps.

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Auteur : Madame de Staël.

C’est ce qui doit conduire à penser que la science politique peut acquérir un jour une évidence géométrique.

La morale, chaque fois qu’elle s’applique à tel homme en particulier, peut se tromper entièrement dans ses suppositions par rapport à lui : l’organisation d’une constitution se fonde toujours sur des données fixes, puisque le grand nombre en tout genre amène des résultats toujours semblables et toujours prévus.

Les passions sont la plus grande difficulté des gouvernements : cette vérité n’a pas besoin d’être développée ; on voit aisément que toutes les combinaisons sociales les plus despotiques conviendraient également à des hommes inertes, qui seraient contents de rester à la place que le sort leur aurait fixée, et que la théorie démocratique la plus abstraite serait praticable au milieu d’hommes sages uniquement conduits par leur raison.

Le seul problème des constitutions est donc de connaître jusqu’à quel degré on peut exciter ou comprimer les passions, sans compromettre le bonheur public.

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De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël.

Avant d’aller plus loin, l’on demanderait peut-être une définition du bonheur.

Le bonheur, tel qu’on le souhaite, est la réunion de tous les contraires : c’est pour les individus l’espoir sans la crainte, l’activité sans l’inquiétude, la gloire sans la calomnie, l’amour sans l’inconstance, l’imagination qui embellirait à nos yeux ce qu’on possède, et flétrirait le souvenir de ce qu’on aurait perdu ; enfin l’ivresse de la nature morale, le bien de tous les états, de tous les talents, de tous les plaisirs, séparé du mal qui les accompagne.

Le bonheur des nations serait aussi de concilier ensemble la liberté des républiques et le calme des monarchies, l’émulation des talents et le silence des factions, l’esprit militaire au dehors et le respect des lois au dedans.

Le bonheur, tel que l’homme le conçoit, c’est ce qui est impossible en tout genre ; et le bonheur, tel qu’on peut l’obtenir, le bonheur sur lequel la réflexion et la volonté de l’homme peuvent agir, ne s’acquiert que par l’étude de tous les moyens les plus sûrs pour éviter les grandes peines.

C’est à la recherche de ce but que ce livre est destiné.

Dans les états obscurs, les arts ne font aucun progrès, la littérature ne se perfectionne, ni par l’émulation qui excite l’éloquence, ni par la multitude des objets de comparaison, qui seule donne une idée fixe du bon goût.

De l’Influence des Passions sur le Bonheur
de Madame de Staël.

Les hommes privés d’occupations fortes se resserrent tous les jours plus dans le cercle des idées domestiques, et la pensée, le talent, le génie, tout ce qui semble un don de la nature, ne se développe cependant que par la combinaison des sociétés.

Le même nombre d’hommes divisé, séparé, sans mobile et sans but, n’offre pas un génie supérieur, une âme ardente, un caractère énergique ; tandis que dans d’autres pays, parmi les mêmes êtres, plusieurs se seraient élevés au-dessus de la classe commune, si le but avait fait naître l’intérêt, et l’intérêt l’étude et la recherche des grands moyens et des grandes pensées.

Tantôt ce sont des rois, qui jusqu’à la fin de leur vie ont conservé la gloire qu’ils avaient obtenue ; mais les peuples croyaient alors que la royauté avait une origine céleste : tantôt on voit Numa inventer une fable pour faire accepter des lois que la sagesse lui dictait, se fiant plus à la crédulité qu’à l’évidence.

Les meilleurs généraux romains, quand ils voulaient donner une bataille, déclaraient que l’examen du vol des oiseaux les forçait à la livrer.

C’est ainsi que les hommes habiles de l’antiquité ont caché le conseil de leur génie sous l’apparence d’une superstition, évitant ce qui peut avoir des juges, quoique certains d’avoir raison.

Enfin, chaque découverte des sciences, en enrichissant la masse, diminue l’empire individuel de l’homme.

Le genre humain hérite du génie, et les véritables grands hommes sont ceux qui ont rendu leurs pareils moins nécessaires aux générations suivantes.

Plus on laisse aller sa pensée dans la carrière future de la perfectibilité possible, plus on y voit les avantages de l’esprit dépassés par les connaissances positives, et le mobile de la vertu plus efficace que la passion de la gloire.

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On trouvera peut-être que ce siècle ne donne encore l’idée d’aucun progrès en ce genre ; mais il faut dans l’effet actuel voir la cause future, pour juger un événement tout entier.

Celui qui n’aperçoit dans les mines, où les métaux se préparent, que le feu dévorant qui semble tout consumer, ne connaît point la marche de la nature, et ne sait se peindre l’avenir qu’en multipliant le présent.

Mais de quelque manière qu’on juge ces réflexions, je reviens aux considérations générales qui s’appliquent à tous les pays et à tous les temps sur les obstacles et les malheurs attachés à la passion de la gloire.

C’est par la connaissance intime des traces que l’ambition laisse dans le cœur après ses revers, et de l’impossibilité de fixer sa prospérité, qu’on peut juger surtout de l’effroi qu’elle doit inspirer.

Il ne faut qu’ouvrir l’histoire pour connaître la difficulté de maintenir les succès de l’ambition ; ils ont pour ennemis la majorité des intérêts particuliers, qui tous demandent un nouveau tirage, n’ayant point eu de lots dans le résultat actuel du sort.

Ils ont pour ennemi le hasard, qui a une marche très-régulière quand on le calcule dans un certain espace de temps et avec une vaste application ; le hasard qui ramène à peu près les mêmes chances de succès et de revers, et semble s’être chargé de répartir également le bonheur entre les hommes.

De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël.

Comme Cromwell, il dit en traversant la foule dont les suffrages le couronnent :

«Ils applaudiraient de même si l’on me conduisait à l’échafaud.»

Cet avenir n’est séparé de vous par aucun intervalle : demain peut en être le jour ; vos juges, vos assassins sont dans la multitude qui vous entoure, et le transport qui vous exalte est l’impulsion même qui peut vous renverser.

Quel danger vous menace, quelle rapidité dans la chute, quelle profondeur dans l’abîme !

Sans que le succès soit élevé plus haut, le revers vous fait tomber plus bas, vous enfonce plus avant dans le néant de votre destinée.

Il est des passions qui n’ont pas précisément de but, et cependant remplissent une grande partie de la vie ; elles agissent sur l’existence sans la diriger, et l’on sacrifie le bonheur à leur puissance négative : car, par leur nature, elles n’offrent pas même l’illusion d’un espoir et d’un avenir, mais seulement elles donnent le besoin de satisfaire l’âpre sentiment qu’elles inspirent : il semble que de telles passions ne soient composées que du mauvais succès de toutes ; de ce nombre, mais avec des nuances différentes, sont l’envie et la vengeance.

L’envie ne promet aucun genre de jouissances, même de celles qui amènent du malheur à leur suite.

L’homme qui a cette disposition voit, dans le monde beaucoup plus de sujets de jalousie qu’il n’en existe réellement ; et pour se croire à la fois heureux et supérieur, il faudrait juger de son sort par l’envie que l’on inspire : c’est un mobile dont l’objet est une souffrance, et qui n’exerce l’imagination, cette faculté inséparable de la passion, que sur une idée pénible.

La passion de l’envie n’a point de terme, parce qu’elle n’a point de but ; elle ne se refroidit point, parce que ce n’est d’aucun genre d’enthousiasme, mais de l’amertume seule qu’elle s’alimente, et que chaque jour accroît ses motifs par ses effets : celui qui commence par haïr inspire une irritation propre à faire mériter sa haine qui d’abord était injuste.

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Les poètes se sont exercés sur tous les emblèmes de malheur qu’il fallait attachera l’envie.

Quel triste sort, en effet, que celui d’une passion qui se dévore elle-même, et, poursuivie sans cesse par l’image de ce qui la blesse, ne peut se représenter une circonstance quelconque où elle trouverait du repos !

Il y a tant de maux sur la terre cependant, qu’il semblerait que tout ce qui arrive dans le monde dût être une jouissance pour l’envie ; mais elle est si difficile en malheurs, que s’il reste de la considération à côté des revers, un sentiment à travers mille infortunes, une qualité parmi des torts, si le souvenir de la prospérité relève dans la misère, l’envieux souffre et déteste encore : il démêle, pour haïr, des avantages inconnus à celui qui les possède ; il faudrait, pour qu’il cessât de s’agiter, qu’il crût tout ce qui existe inférieur à sa fortune, à ses talents, à son bonheur même ; et il a la conscience, au contraire, que nul tourment ne peut égaler l’impression aride et desséchante que sa passion dominatrice produit sur lui.

Enfin l’envie prend sa source dans ce terrible sentiment de l’homme qui lui rend odieux le spectacle du bonheur qu’il ne possède pas, et lui ferait préférer l’égalité de l’enfer aux gradations dans le paradis.

De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël.

La gloire, la vertu, le génie viennent se briser contre cette force destructive ; elle met une borne aux efforts, aux élans de la nature humaine : son influence est souveraine ; car qui blâme, qui déjoue, qui s’oppose, qui renverse, qui se saisit enfin de la force destructive, finit toujours par triompher.

Mais le mal que l’envieux sait causer ne lui compose pas même un bonheur selon ses vœux ; chaque jour la fortune ou la nature lui donnent de nouveaux ennemis ; vainement il en fait ses victimes, aucun de ses succès ne le rassure, il se sent inférieur à ce qu’il détruit, il est jaloux de ce qu’il immole ; enfin, à ses yeux mêmes, il est toujours humilié, et ce supplice s’augmente par tout ce qu’il fait pour l’éviter…..

L’esprit humain ne peut avoir son développement, ne peut faire de véritables progrès qu’en arrivant à l’impartialité la plus absolue, en effaçant au dedans de soi la trace de toutes les habitudes, de tous les préjugés, en se faisant, comme Descartes, une méthode indépendante de toutes les routes déjà tracées……

De l’Influence des Passions sur le Bonheur de Madame de Staël.

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