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MIRABEAU

Posted by Eddy on 23 août 2015 in Auteur sur kindle |

Voici 3 livres de MIRABEAU :

Hic et Hec ou l’Art de Varier les Plaisirs de l’Amour,

Le Rideau Levé ou l’Education de Laure,

Ma Conversion ou le Libertin de Qualité,

MIRABEAU

MIRABEAU

Vous pourrez ainsi apprécier la société française de l’époque et la comparer à celle d’aujourd’hui.

Elle n’a pas vraiment changé, c’est un perpétuel recommencement.

Vous passerez des bons moments avec la lecture de Mirabeau des Editions PEL.

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Extraits de Mirabeau :

Mirabeau, Hic et Hec ou l’Art de Varier les Plaisirs de l’Amour :

Cette dame me reçut avec une bienveillance attrayante et promit à Natophile de me traiter de façon à établir entre elle et moi la confiance réciproque qui devait assurer le succès de mes soins auprès de mon élève.

Quand mon introducteur fut sorti, la dame me regardant d’un oeil fixe et animé, je baissai les yeux et je rougis ; j’avais bien la force de soutenir les regards lascifs de mes instituteurs, mais ceux d’une femme riche et d’un rang distingué, dont ma fortune allait dépendre, m’en imposaient à un point que je ne puis exprimer.

–  Que vois-je, dit-elle, vous rougissez ?

Le père Natophile m’aurait-il trompée ?

Vous avez bien les traits d’une jeune fille, vous en montrez la timidité, n’en auriez-vous pas le sexe !

Je rougis encore plus fort.

–  Ah ! Continua-t-elle en riant, je placerais là un joli gouverneur auprès de mon fils ; je veux m’en assurer.

Et passant la main dans le jabot de ma chemise, elle eut l’air de chercher par mon sein si je n’étais pas une fille ; le sien, que je voyais presque en entier, me mettait dans un état à détruire tous ses doutes ; je perdis ma timidité, et, prenant son autre main, je l’appuyai sur la preuve palpable de sa méprise.

–  Ah ! dit-elle, que je m’étais trompée !

Pourquoi avoir une aussi jolie mine ?

Ma méprise est bien excusable, mais si jeune… quelle grosseur !

D’honneur, l’abbé, vous êtes un monstre !

–  Bien facile à apprivoiser, dis-je en me jetant à ses pieds, et je donnerais ma vie pour le bonheur de vous plaire.

–  Ah ! Que je m’en veux de mon erreur, sans elle il ne serait pas à mes pieds ; levez-vous donc, quelle audace !

–  Non, madame, je n’en puis sortir que je n’aie obtenu mon pardon, et je l’obtiendrai si vous considérez l’empire de vos charmes et l’effet qu’ils font sur moi.

–  J’en conviens, il est presque incroyable !…

Et ses yeux se fixaient sur l’insolent dont l’orgueil augmentait à vue d’œil ; il y a peu d’avocats aussi éloquents aux yeux d’une femme : je vis le succès du plaidoyer muet, et reprenant sa main, je la pressai contre l’orateur.

–  Ah ! fripon, s’écria-t-elle en passant son autre bras autour de mon cou, et serrant ma tête contre son sein.

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Je sentis l’énergie de cet « Ah ! Fripon ! » et, profitant de la circonstance et de l’heureuse attitude, je fis tant des genoux et des mains qu’en quatre secondes tous les obstacles furent écartés, et l’union la plus intime couronna mes efforts ; ses yeux humides et à demi fermés, son sein haletant, sa bouche, collée contre la mienne, forcée au silence par la volupté ; nos langues trop occupées pour peindre nos plaisirs ; nous restâmes plusieurs moments dans cette ivresse qu’on sent trop pour pouvoir l’exprimer…………………

Mirabeau, Le Rideau Levé ou l’Education de Laure :

Quoique mon père fût entièrement occupé de mon éducation, après deux ou trois mois, je le trouvai rêveur, inquiet ; il semblait qu’il manquait quelque chose à sa tranquillité.

Il avait quitté, depuis la mort de ma mère, le séjour où nous demeurions pour me conduire dans une grande ville, et se livrer entièrement aux soins qu’il prenait de moi ; peu dissipé, j’étais le centre où il réunissait toutes ses idées, son application et toute sa tendresse.

Les caresses qu’il me faisait, et qu’il ne ménageait pas, paraissaient l’animer ; ses yeux étaient plus vifs, son teint plus coloré, ses lèvres plus brûlantes.

Il prenait mes petites fesses, il les maniait, il passait un doigt entre mes cuisses, il baisait ma bouche et ma poitrine.

Souvent il me mettait totalement nue, et me plongeait dans un bain.

Après m’avoir essuyée, après m’avoir frottée d’essences, il portait ses lèvres sur toutes les parties de mon corps, sans en excepter une seule ; il me contemplait, son sein paraissait palpiter, et ses mains animées se reposaient partout : rien n’était oublié.

Que j’aimais ce charmant badinage, et le désordre où je le voyais !

Mais au milieu de ses plus vives caresses il me quittait, et courait s’enfoncer dans sa chambre.

Un jour, entre autres, qu’il m’avait accablée des plus ardents baisers, que je lui avais rendus par mille et mille aussi tendres, où nos bouches s’étaient collées plusieurs fois, où sa langue même avait mouillé mes lèvres, je me sentis tout autre.

Le feu de ses baisers s’était glissé dans mes veines ; il m’échappa dans l’instant où je m’y attendais le moins ; j’en ressentis du chagrin.

Je voulus découvrir ce qui l’entraînait dans cette chambre dont il avait poussé la porte vitrée, qui formait la seule séparation qu’il y avait entre elle et la mienne ; je m’en approchai, je portai les yeux sur tous les carreaux dont elle était garnie ; mais le rideau qui était de son côté, développé dans toute son étendue, ne me laissa rien apercevoir, et ma curiosité ne fit que s’en accroître.

Le surlendemain de ce jour, on lui remit une lettre qui parut lui faire plaisir.

Quand il en eut fait la lecture :

–  Ma chère Laure, vous ne pouvez rester sans gouvernante ; on m’en envoie une qui arrivera demain : on m’en a fait beaucoup d’éloges, mais il est nécessaire de la connaître pour juger s’ils ne sont point outrés…

Je ne m’attendais nullement à cette nouvelle ; je t’avoue, chère Eugénie, qu’elle m’attrista : sa présence me gênait déjà, sans savoir pourquoi, et sa personne me déplaisait, même avant de l’avoir vue.

En effet, Lucette arriva le jour qu’elle était annoncée.

C’était une grande fille très bien faite, entre dix-neuf et vingt ans : belle gorge, fort blanche, d’une figure revenante sans être jolie ; elle n’avait de régulier qu’une bouche très bien dessinée, des lèvres vermeilles, les dents petites, d’un bel émail et parfaitement rangées.

J’en fus frappée d’abord.

Mon père m’avait appris à connaître une belle bouche en me félicitant cent fois sur cet avantage.

Lucette unissait à cela un excellent caractère, beaucoup de douceur, de bonté, et une humeur charmante.

Mon amitié, malgré ma petite prévention, se porta bientôt vers elle, et j’ai eu lieu de m’y attacher fortement.

Je m’aperçus que mon père la reçut avec une satisfaction qui répandit la sérénité dans ses yeux.

L’envie et la jalousie, ma chère, sont étrangères à mon cœur, rien ne me paraît plus mal fondé. D’ailleurs, ce qui fait naître les désirs des hommes ne tient souvent pas à notre beauté, ni à notre mérite : ainsi, pour notre propre bonheur, laissons-les libres, sans inquiétude.

Il y en a dont l’infidélité est souvent un feu léger, qu’un instant voit disparaître aussitôt qu’il a brillé.

S’ils pensent, s’ils réfléchissent, bientôt on les voit revenir auprès d’une femme dont l’humeur douce et agréable les met dans l’impossibilité de vivre sans elle.

S’ils ne pensent pas, la perte est bien faible.

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Eh ! Quelle folie de s’en tourmenter !

Je ne raisonnais pas encore avec autant de sagacité ; cependant, je ne sentais point de jalousie contre Lucette : il est vrai que ses amitiés, ses caresses et celles que mon père continuait de me faire, la bannissaient loin de moi.

Je n’apercevais de différence que dans la réserve qu’il observait lorsque Lucette était présente, mais je donnais cette conduite à la prudence…….

Mirabeau, Ma Conversion ou le Libertin de Qualité :

Nous restons seuls, ma belle se plonge sur un sofa ; sans m’amuser à la bagatelle, je saute dessus ; dans un tour de main, la voilà au pillage.

Je trouve une gorge d’un rouge-brun, mais dure comme marbre, un corps superbe, une motte en dôme, et la plus belle perruque…

Pendant la visite, ma belle soupirait comme un beugle ; semblable à la cavale en furie, son cul battait l’appel et son con la chamade…

Sacredieu !

Une sainte fureur me transporte ; je la saisis d’un bras vigoureux, je la fixe un moment, je me précipite…

O prodige !…

Ma bougresse est étroite…

En deux coups de reins, j’enfonce jusqu’aux couillons…

Je la mords…

Elle me déchire…

Le sang coule…

Tantôt dessus, tantôt dessous, le sofa crie, se brise, tombe…

La bête est à bas ; mais je reste en selle ; je la presse à coups redoublés…

Va, mon ami… va… foutre !… ah !… ah !… va fort… ah !… bougre !… ah !… que tu fais bien ça !

Ah ! Ah ! Ah !… sacredieu !

Ne m’abandonne pas… ho, ho, ho, encore… encore !… v’là que ça vient… à moi, à moi… enfonce… enfonce !…

Sacrée bougresse !

Son jeanfoutre de cul, qui va comme la grêle, m’a fait déconner…

Je cours après… mon vit brûle…

Je la rattrape par le chignon (ce n’est pas celui du cou), je rentre en vainqueur.

–  Ah ! dit-elle, je me meurs.

–  Foutue gueuse (je grince des dents !…) si tu ne me laisses pas décharger, je t’étrangle… Enfin, haletante, ses yeux s’amollissent ; elle demande grâce.

–  Non, foutre !… point de quartier…

Je pique des deux… ventre à terre…

Mes couilles en fureur font feu ; elle se pâme…

Je m’en fous, et je ne la quitte que quand nous déchargeons tous deux le foutre et le sang ensemble…

Il est temps, je crois, de remettre sa culotte.

Un peu rendus à nous-mêmes, ma housarde me félicite en se congratulant ; elle va faire bidet, et moi je relève le sofa du mieux que je puis.

–  Que fais-tu là ? me dit-elle en rentrant.

Mon ami, mes gens sont accoutumés à cela, et j’ai un valet de chambre tapissier qui fait la revue tous les matins.

–  Vous pensez bien que nous ne parlons pas sentiment.

Est-ce qu’elle s’embarrasse de ces foutaises-là !

Nous voyons sa maison, son magasin, qui est de l’or en barre ; les trésors des trois parties du monde s’y rassemblent…

Enfin, nous arrivons dans un cabinet ; elle ouvre un coffre…

Tiens, me dit-elle, prends ce portefeuille… (Je fais des façons…)

Allons, foutre !

Quand on bande comme toi, on a le moyen d’acquitter ces bagatelles…

Je le mets dans ma poche, non sans avoir remarqué qu’il contient pour cinq cents louis de bonnes lettres de change…

Voilà ce qui s’appelle des douceurs.

Nous soupons : ma foi, j’en avais besoin.

C’est elle qui me sert des morilles, des truffes au coulis de jambon, des champignons à la marseillaise ; au dessert, les pastilles les plus échauffantes, sans oublier les liqueurs de Mme Anfou…

De la table nous nous élançons au lit, et de la vie, je crois, on n’a vu pareille scène.

Rendez-vous pris au surlendemain, j’arrive…

Madame est malade.

Hélas !

Et c’est tout simple ; elle avait excessivement chaud quelque chose que j’aie dite, elle a voulu que j’ouvrisse la fenêtre au mois de janvier.

Une fluxion de poitrine l’enterre en trois jours…

O douleur !…

Je vais lui dire un de profundis chez la Saint-Just.

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Après avoir essuyé ses larmes et ses doléances (car elle me proteste que ma princesse était une de ses meilleures pratiques), je l’assure que, très touché de cet accident funeste, j’ai fait des réflexions, et qu’ayant toujours honoré la vieillesse, je viens lui demander ses bons offices pour me consacrer au service de la douairière dont elle m’a parlé.

Nous prenons jour, et j’obtiens sous huitaine l’avantage d’être introduit chez Mme In Aeternum.

On m’avait prévenu qu’elle était fort riche, en sorte que la grandeur de l’hôtel, la beauté des livrées et des ameublements ne me firent pas d’effet ; au contraire, j’en dévorais d’avance la substance…

Eh ! Sacredieu !

La fée ne devait-elle pas s’alimenter de la mienne ?

Le tête-à-tête était ménagé, l’on m’attendait, j’avais relevé mes appas : à force de vouloir réparer les siens, ma vieille était encore à sa toilette, asile impénétrable ; je suis introduit, en attendant, dans un boudoir lilas et blanc ; des panneaux placés avec art réfléchissaient en mille manières tous les objets, et des amours dont les torches étaient enflammées éclairaient ce lieu charmant.

Un sofa large et bas exprimait l’espérance par les coussins vert anglais dont il était couvert ; la vue se perdait dans les lointains formés par les glaces et n’était arrêtée que par des peintures lascives que mille attitudes variées rendaient plus intéressantes ; des parfums doux faisaient respirer à longs traits la volupté ; déjà mon imagination s’échauffe, mon cœur palpite, il désire ; le feu qui coule dans mes veines rend mes sens plus actifs…

La porte s’ouvre, une jeune personne s’offre à mes yeux ; un négligé modeste, une simplicité naïve, des charmes qui n’attendent pour éclore que les hommages de l’amour, des détails délicieux…

Telle se montre la jolie nièce de ma douairière, la belle Julie ; elle m’offre les excuses de sa tante, qu’une affaire arrête, et me prie d’agréer qu’elle me tienne compagnie.

Je réponds à ce compliment par les politesses d’usage, et nous nous asseyons sur des fauteuils dans un coin de la chambre ; Julie s’éloignait du sofa (hélas ! qu’il était bien plus à craindre pour moi !), mes yeux erraient sur elle ; je sentais toute la timidité d’un amour naissant, tous les combats de ma raison contre mon cœur ; le feu de mes regards en imposait à Julie, notre conversation languissait en apparence, mais déjà nos âmes s’entendaient.

–  Mademoiselle fait sûrement le bonheur de sa tante, puisqu’elle est sa compagne ?

–  Monsieur, ma tante a de l’amitié pour moi.

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–  La foule qui abonde chez elle a sans doute de quoi vous plaire, et vos plaisirs (Julie soupire)… mille adorateurs… (Le feu me monte au visage).

–  Ah ! Monsieur !

Combien de ces adorateurs méritent d’être évalués ce qu’ils sont en effet !

–  Quoi !

Vous n’en auriez pas trouvé dont l’hommage eût su vous intéresser ? (elle se trouble…) Pardon… bon dieu !

J’allais commettre une indiscrétion…

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