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Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

Posted by Eddy on 22 octobre 2015 in Auteur sur kindle |

Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

 

Napoléon Le Petit de Victor Hugo

Napoléon Le Petit de Victor Hugo

Voici une œuvre de Victor Hugo « Napoléon le Petit ».

Éditeur : Les Editions PEL.

Napoléon le Petit de Victor Hugo.

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Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

Extrait de Napoléon le Petit de Victor Hugo :

…«Je remis cette lettre au commandant, en lui disant que c’était un parti ridicule et perdu.»

Qui parle ainsi ?

Le général Magnan.

Où ?

En pleine cour des pairs.

Devant qui ?

Quel est l’homme assis sur la sellette, l’homme que Magnan couvre de «ridicule», l’homme vers lequel Magnan tourne sa face «indignée» ?

Louis Bonaparte.

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Napoléon le Petit de Victor Hugo.

L’argent, et avec l’argent l’orgie, ce fut là son moyen d’action dans ses trois entreprises, à Strasbourg, à Boulogne, à Paris.

Deux avortements, un succès.

Magnan, qui se refusa à Boulogne, se vendit à Paris.

Si Louis Bonaparte avait été vaincu le 2 décembre, de même qu’on a trouvé sur lui, à Boulogne, les cinq cent mille francs de Londres, on aurait trouvé à l’Élysée les vingt-cinq millions de la Banque.

Il y a donc eu en France, il faut en venir à parler froidement de ces choses, en France, dans ce pays de l’épée, dans ce pays des chevaliers, dans ce pays de Hoche, de Drouot et de Bayard, il y a eu un jour où un homme, entouré de cinq ou six grecs politiques, experts en guet-apens et maquignons de coups d’état, accoudé dans un cabinet doré, les pieds sur les chenets, le cigare à la bouche, a tarifé l’honneur militaire, l’a pesé dans un trébuchet comme denrée, comme chose vendable et achetable, a estimé le général un million et le soldat un louis, et a dit de la conscience de l’armée française : cela vaut tant.

Et cet homme est le neveu de l’empereur.

Du reste, ce neveu n’est pas superbe ; il sait s’accommoder aux nécessités de ses aventures, et il prend facilement et sans révolte le pli quelconque de la destinée.

Mettez-le à Londres, et, qu’il ait intérêt à complaire au gouvernement anglais, il n’hésitera point, et, de cette même main qui veut saisir le sceptre de Charlemagne, il empoignera le bâton du policeman.

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Si je n’étais Napoléon, je voudrais être Vidocq.

Et maintenant la pensée s’arrête.

Et voilà par quel homme la France est gouvernée !

Que dis-je, gouvernée ?

Possédée souverainement !

Et chaque jour, et tous les matins, par ses décrets, par ses messages, par ses harangues, par toutes les fatuités inouïes qu’il étale dans le Moniteur, cet émigré, qui ne connaît pas la France, fait la leçon à la France !

Et ce faquin dit à la France qu’il l’a sauvée !

Et de qui ?

D’elle-même !

Avant lui la providence ne faisait que des sottises ; le bon Dieu l’a attendu pour tout remettre en ordre ; enfin il est venu !

Depuis trente-six ans il y avait en France toutes sortes de choses pernicieuses : cette «sonorité», la tribune ; ce vacarme, la presse ; cette insolence, la pensée ; cet abus criant, la liberté ; il est venu, lui, et à la place de la tribune il a mis le sénat ; à la place de la presse, la censure ; à la place de la pensée, l’ineptie ; à la place de la liberté, le sabre ; et de par le sabre, la censure, l’ineptie et le sénat, la France est sauvée !

Sauvée, bravo !

Et de qui, je le répète ?

D’elle-même ; car, qu’était-ce que la France, s’il vous plaît ?

C’était une peuplade de pillards, de voleurs, de Jacques, d’assassins et de démagogues.

Il a fallu la lier, cette forcenée, cette France, et c’est M. Bonaparte Louis qui lui a mis les poucettes.

Maintenant elle est au cachot, à la diète, au pain et à l’eau, punie, humiliée, garrottée, sous bonne garde ; soyez tranquilles, le sieur Bonaparte, gendarme à la résidence de l’Élysée, en répond à l’Europe ; il en fait son affaire ; cette misérable France a la camisole de force, et si elle bouge !…

Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

– Ah !

Qu’est-ce que c’est que ce spectacle-là ?

Qu’est-ce que c’est que ce rêve-là ?

Qu’est-ce que c’est que ce cauchemar-là ?

D’un côté une nation, la première des nations, et de l’autre un homme, le dernier des hommes, et voilà ce que cet homme fait à cette nation !

Quoi !

Il la foule aux pieds, il lui rit au nez, il la raille, il la brave, il la nie, il l’insulte, il la bafoue !

Quoi !

Il dit : il n’y a que moi !

Quoi !

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Dans ce pays de France où l’on ne pourrait pas souffleter un homme, on peut souffleter le peuple !

Ah !

Quelle abominable honte !

Chaque fois que M. Bonaparte crache, il faut que tous les visages s’essuient !

Et cela pourrait durer !

Et vous me dites que cela durera !

Non ! Non !

Par tout le sang que nous avons tous dans les veines, non !

Cela ne durera pas !

Ah !

Si cela durait, c’est qu’en effet il n’y aurait pas de Dieu dans le ciel, ou qu’il n’y aurait plus de France sur la terre !

«Aujourd’hui nous ne pouvons avoir de rapport avec le gouvernement que par l’intermédiaire du conseil d’état, qui, confident et organe de sa pensée, a seul le droit de transmettre au corps législatif les documents qu’à son tour il se fait remettre par les ministres.

«En un mot, pour les rapports écrits comme pour les communications verbales, les commissaires du gouvernement remplacent les ministres avec lesquels ils ont dû préalablement s’entendre.

«Quant aux modifications que la commission peut vouloir proposer, soit par suite d’adoption d’amendements présentés par des députés, soit d’après son propre examen du budget, elles doivent, avant que vous soyez appelés à en délibérer, être renvoyées au conseil d’état et y être discutées.

«Là (il est impossible de ne pas le faire remarquer) elles n’ont pas d’interprètes, pas de défenseurs officiels.

«Ce mode de procéder paraît dériver de la constitution elle-même ; et, si nous en parlons, c’est uniquement pour vous montrer qu’il a dû entraîner des lenteurs dans l’accomplissement de la tâche de la commission du budget [20].»

On n’est pas plus tendre dans le reproche ; il est impossible de recevoir avec plus de chasteté et de grâce ce que M. Bonaparte, dans son style d’autocrate, appelle des «garanties de calme [21]», et ce que Molière, dans sa liberté de grand écrivain, appelle des «coups de pied [22]…»

Il y a donc dans la boutique où se fabriquent les lois et les budgets un maître de la maison, le conseil d’état, et un domestique, le corps législatif.

Aux termes de la «constitution», qui est-ce qui nomme le maître de la maison ?

  1. Bonaparte.

Qui est-ce qui nomme le domestique ?

Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

La nation.

C’est bien.

Il était nommé pour un temps très court, six mois ;

semestris dictatura, dit Tite-Live [28].

Habituellement, comme si cet énorme pouvoir, même librement consenti par le peuple, finissait par peser comme un remords, le dictateur se démettait avant la fin du terme.

Cincinnatus s’en alla au bout de huit jours.

Il était interdit au dictateur de disposer des deniers publics sans autorisation du sénat, et de sortir de l’Italie.

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Il ne pouvait monter à cheval sans la permission du peuple.

Il pouvait être plébéien ; Marcius Rutilus et Publius Philo furent dictateurs.

On créait un dictateur pour des objets fort divers, – pour établir des fêtes à l’occasion des jours saints, – pour enfoncer un clou sacré dans le mur du temple de Jupiter, – une fois, pour nommer le sénat.

Rome république porta quatre-vingt-huit dictateurs.

Cette institution intermittente dura cent cinquante-trois ans, de l’an 552 de Rome à l’an 705.

Elle commença par Servilius Geminus et arriva à César en passant par Sylla.

À César elle expira.

La dictature était faite pour être répudiée par Cincinnatus et épousée par César.

César fut cinq fois dictateur en cinq ans, de 706 à 711.

Cette magistrature était dangereuse ; elle finit par dévorer la liberté.

  1. Bonaparte est-il un dictateur ?

Nous ne voyons pas d’inconvénient à répondre oui.

Prætor maximus, général en chef ?

Le drapeau le salue.

Magister populi, maître du peuple ?

Demandez aux canons braqués sur les places publiques.

Pro numine observatum, tenu pour dieu ?

Demandez à M. Troplong.

Il a nommé le sénat ; il a institué des jours fériés ; il a pourvu au «salut de la société» ; il a enfoncé un clou sacré dans le mur du Panthéon et il a accroché à ce clou son coup d’état.

Seulement il fait et défait la loi à sa fantaisie, il monte à cheval sans permission, et quant aux six mois, il prend un peu plus de temps.

César avait pris cinq ans, il prend le double ; c’est juste.

Jules César cinq, M. Louis Bonaparte dix, la proportion est gardée.

Du dictateur passons au despote.

C’est l’autre qualification presque acceptée par M. Bonaparte.

Parlons un peu la langue du bas-empire.

Elle sied au sujet.

Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

Le Despotès venait après le Basileus.

Il était, entre autres attributs, général de l’infanterie et de la cavalerie, magister utriusque exercitus.

Ce fut l’empereur Alexis, surnommé l’Ange, qui créa la dignité de despotès.

Le despotès était moins que l’empereur et au-dessus du sebastocrator ou auguste et du césar.

On voit que c’est aussi un peu cela.

  1. Bonaparte est despotès en admettant, ce qui est facile, que Magnan soit césar et que Maupas soit auguste.

Despote, dictateur, c’est admis.

Tout ce grand éclat, tout ce triomphant pouvoir, n’empêchent pas qu’il ne se passe dans Paris de petits incidents comme celui-ci, que d’honnêtes badauds, témoins du fait, vous racontent tout rêveurs :

Deux hommes cheminent dans la rue, ils causent de leurs affaires, de leur négoce.

L’un d’eux parle de je ne sais quel fripon dont il croit avoir à se plaindre.

C’est un malheureux, dit-il, c’est un escroc, c’est un gueux.

Un agent de police entend ces derniers mots :

– Monsieur, dit-il, vous parlez du président ; je vous arrête.

Maintenant M. Bonaparte sera-t-il ou ne sera-t-il pas empereur ?

Belle question !

Il est maître, il est cadi, mufti, bey, dey, soudan, grand-khan, grand-lama, grand-mogol, grand-dragon, cousin du soleil, commandeur des croyants, schah, czar, sophi et calife.

Paris n’est plus Paris, c’est Bagdad, avec un Giafar qui s’appelle Persigny et une Schéhérazade qui risque d’avoir le cou coupé tous les matins et qui s’appelle le Constitutionnel.

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  1. Bonaparte peut tout ce qu’il lui plaît sur les biens, sur les familles, sur les personnes.

Si les citoyens français veulent savoir la profondeur du «gouvernement» dans lequel ils sont tombés, ils n’ont qu’à s’adresser à eux-mêmes quelques questions.

Voyons, juge, il t’arrache ta robe et t’envoie en prison.

Après ?

Voyons, sénat, conseil d’état, corps législatif, il saisit une pelle et fait de vous un tas dans un coin.

Après ?

Toi, propriétaire, il te confisque ta maison d’été et ta maison d’hiver avec cours, écuries, jardins et dépendances.

Après ?

Toi, père, il te prend ta fille ; toi, frère, il te prend ta sœur ; toi, bourgeois, il te prend ta femme, d’autorité, de vive force.

Après ?

Toi, passant, ton visage lui déplaît, il te casse la tête d’un coup de pistolet et rentre chez lui.

Après ?

Toutes ces choses faites, qu’en résulterait-il ?

Rien.

Monseigneur le prince-président a fait hier sa promenade habituelle aux Champs-Élysées dans une calèche à la Daumont attelée de quatre chevaux, accompagné d’un seul aide de camp.

Voilà ce que diront les journaux.

Napoléon le Petit, Auteur Victor Hugo,

Il a effacé des murs Liberté, Égalité, Fraternité.

Il a eu raison.

Ah !

Français !

Vous n’êtes plus ni libres, le gilet de force est là ; ni égaux, l’homme de guerre est tout ; ni frères, la guerre civile couve sous cette lugubre paix d’état de siège……

Le grand jour, la place publique, l’échafaud légal, l’appareil régulier de la vindicte sociale, livrer les innocents à cela, les faire périr de cette manière, ah !

C’est différent ; parlez-moi de ceci !

Commettre un meurtre en plein midi au beau milieu de la ville, au moyen d’une machine appelée tribunal ou conseil de guerre, au moyen d’une autre machine, lentement bâtie par un charpentier, ajustée, emboîtée, vissée et graissée à loisir ; dire : ce sera pour telle heure ; apporter deux corbeilles et dire : ceci sera pour le corps et ceci pour la tête ; l’heure venue, amener la victime liée de cordes, assistée d’un prêtre, procéder au meurtre avec calme, charger un greffier d’en dresser procès-verbal, entourer le meurtre de gendarmes le sabre nu, de telle sorte que le peuple qui est là frissonne et ne sache plus ce qu’il voit, et doute si ces hommes en uniforme sont une brigade de gendarmerie ou une bande de brigands, et se demande, en regardant l’homme qui lâche le couperet, si c’est le bourreau et si ce n’est pas plutôt un assassin !

Voilà qui est hardi et ferme, voilà une parodie du fait légal bien effrontée et bien tentante et qui vaut la peine d’être exécutée ; voilà un large et splendide soufflet sur la joue de la justice.

À la bonne heure !

Faire cela sept mois après la lutte, froidement, inutilement, comme un oubli qu’on répare, comme un devoir qu’on accomplit, c’est effrayant, c’est complet ; on a un air d’être dans son droit qui déconcerte les consciences et qui fait frémir les honnêtes gens.

Rapprochement terrible et qui contient toute la situation :

Voici deux hommes, un ouvrier et un prince.

Le prince commet un crime, il entre aux Tuileries ; l’ouvrier fait son devoir, il monte sur l’échafaud.

Et qui est-ce qui dresse l’échafaud de l’ouvrier ?

C’est le prince.

Oui, cet homme qui, s’il eût été vaincu en décembre, n’eût échappé à la peine de mort que par l’omnipotence du progrès et par une extension, à coup sûr trop généreuse, du principe de l’inviolabilité de la vie humaine, cet homme, ce Louis Bonaparte, ce prince qui transporte les façons de faire des Poulmann et des Soufflard dans la politique, c’est lui qui rebâtit l’échafaud !

Et il ne tremble pas !

Et il ne pâlit pas !

Et il ne sent pas que c’est là une échelle fatale, qu’on est maître de ne point la relever, mais qu’une fois relevée on n’est plus maître de la renverser, et que celui qui la dresse pour autrui la retrouve plus tard pour lui-même.

Elle le reconnaît et lui dit : tu m’as mise là ; je t’ai attendu.

Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.

Ce sont des envies de dictateur.

La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.

Allons, coupez la tête à Charlet et aux autres.

  1. Bonaparte est prince-président de la république française ; M. Bonaparte a seize millions par an, quarante-quatre mille francs par jour, vingt-quatre cuisiniers pour son service personnel et autant d’aides de camp ; il a droit de chasse aux étangs de Saclay et de Saint-Quentin, aux forêts de Laigne, d’Ourscamp et de Carlemont, aux bois de Champagne et de Barbeau ; il a les Tuileries, le Louvre, l’Élysée, Rambouillet, Saint-Cloud, Versailles, Compiègne ; il a sa loge impériale à tous les spectacles, fête et gala et musique tous les jours, le sourire de M. Sibour et le bras de Mme la marquise de Douglas pour entrer au bal, tout cela ne lui suffit pas, il lui faut encore cette guillotine.

Il lui faut quelques-uns de ces paniers rouges parmi les paniers de vin de Champagne.

Et c’est là le scrutin, – répétons-le, insistons-y, ne nous lassons pas ; je crie cent fois les mêmes choses, dit Isaïe, pour qu’on les entende une fois ; – c’est là le scrutin, c’est là le plébiscite, c’est là le vote, c’est là le décret souverain du «suffrage universel», à l’ombre duquel s’abritent, dont se font un titre d’autorité et un diplôme de gouvernement ces hommes qui tiennent la France aujourd’hui, qui commandent, qui dominent, qui administrent, qui jugent, qui règnent, les mains dans l’or jusqu’aux coudes, les pieds dans le sang jusqu’aux genoux !………

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